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histoire

En ce début 2010, plutôt que de bonnes résolutions, je me propose de m’attarder sur quelques tendances, opinions, réflexions relatives à l’emploi des média et technologies en milieu scolaire. A vous ensuite de trier, de vous faire un avis et/ou de prolonger.

Juste avant le réveillon, Jeff Tavernier publiait sur son blog un billet intitulé 10 thèmes d’histoire-géo abordés dans Avatar. L’intitulé des thèmes était le suivant:

  1. Le développement durable
  2. Les grandes découvertes
  3. La colonisation
  4. L’exploitation des ressources énergétiques
  5. La guerre du Vietnam
  6. La géographie des réseaux
  7. Histoire et anthropologie des religions
  8. Le choc des civilisations
  9. Les Etats-Unis
  10. L’interdisciplinaire
  11. La notion de frontière

Auquel, Yoann Moreau, en ce début 2010, apporte un utile complément avec son billet intitulé: Avatar, l’absence du politique et son renouveau mystique et qui se conclut par

James Cameron semble donc montrer une double vision du monde politique contemporain : son absence et son renouvellement possible/prévisible par la réactualisation des mythes. Cet aspect est redoutable, il doit je pense attirer notre attention et notre vigilance : l’intrication du politique et du religieux, dont les civilisations occidentales se sont extirpées avec peine, est remis à l’ordre du jour. Il se trouve que, dans le film, peut être subjugué par la beauté des corps, l’effet captivant de la 3D et le parti-pris narratif, on y adhère… sans réfléchir.

Mais peut-être êtes-vous toujours convaincu que seul le documentaire historique présente un intérêt en classe d’histoire et dit «vrai». Dans ce cas-là, je vous engage à consulter Cinémadoc, blog est associé à l’atelier du Lhivic à l’EHESS, Les enjeux de la narrativité dans le cinéma dit documentairecoordonné par Rémy Besson. Après une première année consacrée à l’étude de La part de fiction dans le cinéma documentaire, cet atelier du Lhivic se propose d’

d’examiner la dimension narrative des récits documentaires. La démarche procède d’une problématique historienne, ouverte aux acquis de l’approche culturelle du cinéma. Les enjeux de la narrativité seront donc étudiés aussi bien en amont de la fabrication du documentaire (production, choix du réalisateur, etc.) qu’au niveau de son économie interne (structure du récit, dimension fictive, etc.) et en aval, lors de sa réception (construction du récit par la critique, la censure). Ces dimensions proprement cinématographiques s’articuleront toujours à un questionnement épistémologique et historiographique sur les écritures de l’histoire.

Les enjeux de la narrativité dans le cinéma dit documentaire

D’autre part, si le récit semble être à nouveau à l’honneur dans l’enseignement de l’histoire (voir les programmes de classe de 6e en France), autant utiliser les récits qui font partie de l’univers de vos élèves lorsque l’occasion se présente. Histoire aussi de proposer des récits à interroger ou qui peuvent interroger les élèves sur le sens de la vérité et du point de vue en histoire.

En outre, il faut sans doute replacer une telle démarche dans le sillage des préoccupations de Jim Cullens qui, dans un essai récent, s’interroge sur les questions de la lecture, de l’écriture et de la pensée historique dans Essaying the Past: How to Read, Write and Think about History. Sur History New Network, il offre une synthèse de ses réflexions relatives à l’enseignement de l’histoire au 21e siècle (History without Reading). A son lecteur, il propose en introduction

Imagine, if you will, the study of history without reading. No primary source documents to ground a discussion. No monographic studies to situate a discourse. Not even a textbook for background information. How much a sense of the past could you possibly have?

Partant du principe que, si la préoccupation première des enseignant est d’enseigner à nos élèves à penser comme des historiens et de former des citoyens capables de lire, écrire et penser, nous ne réfléchissons ni suffisamment à ce que cela représente de lire pour un adolescent ou un jeune adulte en ce début du 21e siècle, ni au fait que l’alphabétisation visuelle (visual literacy) a, à bien des égards, supplanté l’alphabétisation de la lecture traditionnelle (literacy of traditional reading). Pour lui, deux éléments centraux sont à prendre en compte dans la manière de préparer et d’enseigner à cette génération:

  • le recours à la technologie;
  • faire visualiser et non raconter.

Pour lui, le premier élément est nécessaire, mais pas suffisant, car

A Power Point presentation can be every bit as vacuous and boring as a teacher standing in front of a room and talking at people for 50 minutes. The problem is not one of information or a means of delivery. It’s one that’s been missing from too much history for too long: imagination.

Conscient que les techniques qu’il propose n’ont rien de révolutionnaires, Jim Cullens s’appuie sur une conception en ligne de l’enseignement de l’histoire recourant à des sons, des images (fixes ou animées) et des simulations (jeux de rôle) développant en premier lieu l’imagination et l’imaginaire des élèves. L’objectif consiste de piquer l’intérêt des élèves pour que, dans un deuxième temps, ceux-ci aient envie d’en savoir plus (ou mieux) et s’engagent alors dans les lectures habituelles de l’historien. A la réserve que

The odds are, however, that the way you’d go about this is not necessarily the way your mother or grandfather did. You’d do it online.

Cela ne serait rien d’autre qu’une histoire dans les nuages (cloud history), traduction dans notre domaine du concept de computer clouding (l’informatique dans les nuages). Pour ma part, je vous renvoie provisoirement à mon article du Café pédagogique: Le Web plus efficace que la classe? et notamment aux Thèses sur les sciences historiques à l’ère digitale de Peter Haber, déjà présentées ici.

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Le Top 100 des outils numériques en éducation

by Lyonel Kaufmann on 4 janvier 2010
histoire

Jane Hart du Centre for Learning and Performance Technologies (C4LPT) en Grande-Bretagne a compilé les résultats de 278 professionnels de l’enseignement du monde entier qui ont établi leur Top 10 des outils technologiques d’apprentissage de 2009. [1] La synthèse de ces résultats a permis à Jane Hart d’établir le Top 100 en 2009 des outils technologiques utilisés en la matière. De plus, ces résultats sont comparés avec les classements établis précédemment en 2007 et 2008.

D’une manière générale, j’observe le développement des logiciels en ligne (Google Docs par exemple) au détriment des logiciels traditionnels (PowerPoint ou Word) autrement dit l’informatique dans les nuages (Cloud computing: http://fr.wikipedia.org/wiki/Informatique_dans_les_nuages) s’impose progressivement aussi en milieu éducatif. Les réseaux sociaux et de partage forment également la deuxième tendance forte. C’est ainsi que twitter passe de la 11e en 2008 à la première en 2009, youtube de la 18e à la 3e place.
Le classement pour les cinq premières places est le suivant dans l’ordre: twitter, delicious, youtube, google reader, google docs.

Par ailleurs, quel sera l’impact  du développement de cet informatique dans les nuages sur l’unité de lieu, de temps et d’action qu’est généralement la classe/l’établissement scolaire ? En effet, le cloud computing tend à distendre et déplacer le temps et l’espace scolaire hors des lieux traditionnels de l’enseignement. De plus, ce temps passé hors la classe augmente sans que le temps scolaire en/devant la classe tant des enseignants que des élèves ne diminue.

[1] La liste exhaustive des personnes consultées et de leur classement est consultable en ligne ici: http://c4lpt.co.uk/recommended/top10tools.html


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notrehistoire.ch :: archives de Suisse romande

by Lyonel Kaufmann on 15 novembre 2009
histoire

Grâce à l’excellent Mots d’images, j’ai eu la quasi primeur de la nouvelle du lancement de notrehistoire.ch, première plate-forme participative dédiée aux archives de Suisse romande.

Le site nous apprend que son but est de créer une fresque en images et en sons de l’histoire de la Suisse romande au XXe siècle. Son objectif est de favoriser le partage de documents provenant de plusieurs sources : institutions impliquées dans la sauvegarde du patrimoine audiovisuel, particuliers, bibliothèques, musées, communes, cantons, entreprises, associations…

Il est possible de s’inscrire comme membre individuel ou collectif de la plate-forme. Après inscription, les utilisateurs peuvent y déposer leur matériel d’archives (photos scannées, films, vidéos ou enregistrements sonores, témoignages écrits).

Une fois que vous êtes inscrits, il vous est possible non seulement de contribuer au dépôt d’archives, mais également de créer des groupes d’intérêt à l’exemple de ce groupe consacré au général Guisan: http://www.notrehistoire.ch/group/le-general-guisan/

Le Général Guisan et les dames de Sion, 1939
Le Général Guisan et les dames de Sion, 1939

Il faut également être un utilisateur inscrit pour déposer des commentaires relativement aux ressources proposées.

Quatre axes constituent l’articulation du site:

  • personnalités
  • lieux
  • événements
  • faits de la vie quotidienne.

Ces axes sont eux-mêmes en divisés en thématiques: politique, culture, société, sport, éducation, etc.

notrehistoire.ch est édité par la Fondation pour la sauvegarde des archives audiovisuelles de la TSR (FONSAT), dans le prolongement du site des archives de la TSR (www.archives.tsr.ch).

Comme l’indique Mots d’images, l’originalité est que tout le monde, en plus des institutions « qualifiées », pourra y déposer des documents. Une sorte de Swissipédia !

L’ensemble des possibilités du site et plus particulièrement celles de publications d’archives par les utilisateurs offrent des pistes intéressantes d’exploitation pédagogique. Ainsi, un établissement scolaire ou une/plusieurs classe(s) peuvent également devenir contributeurs en publiant des archives relativement à leur établissement et à l’histoire locale, voire plus largement. La thématique « école » est ainsi à explorer et à développer. Mais ce n’est pas la seule…


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Wilhelm Felber: Jeune fille à la gare, tirage au gélatino-bromure d'argent, vers 1955. @Wilhelm Felber/Fotostiftung Schweiz (aus: Schweizerische Landesmuseen, collection Herzog)

Wilhelm Felber: Jeune fille à la gare, tirage au gélatino-bromure d’argent, vers 1955. @Wilhelm Felber/Fotostiftung Schweiz (aus: Schweizerische Landesmuseen, collection Herzog)

Le Musée national suisse à Zurich vous propose depuis demain jusqu’au 28 février 2010 une exposition temporaire organisée autour de photographies de la Suisse prises entre 1840 et 1960.

Les photographies proviennent de la collection Herzog. L’exposition les présente autour de trois thèmes correspondant chacun à une salle de l’exposition temporaire.

La salle 1 est consacrée aux métamorphoses d’une population suisse majoritairement agricole en 1850 qui s’industrialise, puis se tertiarise. La salle 2 s’attache au développement des infrastructures de transport et leur impact sur la modernisation du pays. La salle 3 s’intitule « Les héros du quotidien ». Si aux débuts de la photographie celle-ci est chère et présente d’abord des portraits de nobles et de la haute bourgeoisie, la situation change à partir de 1900 et les photographies exposées témoignent de cette évolution.

Un dossier à télécharger existe pour les enseignants uniquement en allemand: (http://www.aufbruch.landesmuseum.ch/pdf/lehrerinformation.pdf)

On peut aussi télécharger en grand format dans l’espace presse quelques photos de l’exposition avec leurs références.

Aufbruch in die Gegenwart. La Suisse en photographies 1840 – 1960. Landesmuseum Zürich


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Ce dernier vendredi, j’ai passé une agréable soirée au cinéma à la projection de L’Affaire Farewell de Christian Carion. La bande-annonce:

Ainsi donc, après son film Joyeux Nöel inscrit dans la Première Guerre Mondiale, Christian Carion nous offre un nouveau film de fiction-historique. Comme dans Joyeux Noël, il prend quelques libertés avec l’histoire réelle. Néanmoins, d’une part, son film fait preuve d’une belle maîtrise cinématographique et, d’autre part, nous offre la description de la société soviétique de l’époque. On peut d’ailleurs noter que ce film s’inscrit dans une série de films de fiction retraversant cette période telle Good Bye Lenin

ou La vie des autres:

En cette année de commémoration des 20 ans de la Chute du Mur de Berlin, ces films sont intéressants puisqu’ils s’inscrivent dans ce moment charnière des années 1980.
Concernant plus particulièrement l’Affaire Farewell, celle-ci a fait l’objet, depuis quelques années, l’objet de publications et également d’un documentaire que la sortie du film de Carion remet en lumière ou renouvelle.
Vladimir Vetrov - Le vrai Farewell

Vladimir Vetrov – Le vrai Farewell

C’est ainsi qu’Arte a diffusé, en deux épisodes et en février-mars dernier, le docu-fiction L’affaire Farewell : L’espion de la vengeance de Jean-François Delassus qui mêle reconstitutions et entretiens. Vous en retrouverez ici des extraits et le découpage des deux épisodes. A noter que la chaîne Planète rediffuse les 6 et 12 octobre prochain ce documentaire sous un autre titre et en un seul épisode: L’Affaire Farewell: l’espion du siècle.
Au début pourtant, il faut revenir au livre, publié en français en 1999, de Sergueï Kostine, Bonjour Farewell, la vérité sur la taupe française du KGB (éditions Robert Laffont). Avant de revenir aux articles et témoignages qui s’inscrivent dans la foulée de la sortie du film de Carion, nous pouvons consulter le The Farewell Dossier de la CIA.
Dans le tourbillon médiatique entourant la sortie à fin septembre du film de Carion, je signale les publications suivantes:
Pour terminer, ce petit tour d’horizon documentaire, je m’en voudrais de ne pas signaler le billet de Danièle sur Belles plumes (L’ Affaire Farewell 1 et 2) qui compare le film de Carion et le docu-fiction de Delassus. L’analyse est très intéressante concernant notamment le traitement des protagonistes féminines dans ces deux oeuvres.
S’il est un peu prématurer de s’avancer concernant l’utilisation du film en classe avant sa sortie en DVD, il est néanmoins possible de repérer quelques axes qui seraient envisageables:

  • la situation particulière de la France de 1981 avec ces ministres communistes dans le rapport Est-Ouest de cette époque ainsi que la poids de l’anti-communisme;
  • des films comme celui de Carion ou La vie des autres présentent la vie à l’Est au début des années 1980 comme moins monolithique au sein même du pouvoir que la vision de l’époque à l’Ouest. D’où vient et comment expliquer cet écart?;
  • l’ensemble de ces films permettent également de s’intéresser à la vie quotidienne des gens de cette époque qui pourrait être mise en parallèle avec la vie quotidienne des gens à l’Ouest à la même époque;
  • ces films récents se démarquent d’un certain anti-communisme primaire: une comparaison avec des films plus caricaturaux et des années 1980 (James Bond?) mériteraient d’être faite au travers de l’analyse des personnages. Histoire de se replonger aussi dans l’ambiance de l’époque à l’Ouest et de réinsérer d’autres événements comme la crise des missiles en Europe;
  • ces films peuvent être mis en relation avec la Chute du Mur du 1989 telle qu’elle fut présentée en 1989. L’impression d’un soudain effondrement s’en trouve relativisé. Dans quelle mesure l’anti-communisme de ces années-là est un obstacle à une meilleure compréhension de ce qui se jouait dans ces années-là? La vie n’était-elle pas plus confortable à l’Ouest sous l’angle de la bipolarisation Est-Ouest?
  • enfin, Carion n’a pas pu tourner à Moscou comme souhaité et récemment, Staline a été réhabilité notamment dans les manuels scolaires par le pouvoir russe: ces deux événements sont-ils indépendants l’un de l’autre ou témoignent-ils tous deux du retour de l’Empire russe et à des tendances totalitaires? De qui Vladimir Poutine est-il le plus proche: Lénine, Staline, Khrouchtchev, Brejnev, Gorbatchev ou Eltsine?

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  • Important dossiers de ressources en lignes réalisé par Educasources en relation avec la chute du Mur de Berlin. Les ressources sont organisées autour de 4 thématiques: a) L'Allemagne coupée en deux: avant la chute du mur de Berlin; b) 9 novembre 1989: la chute du mur de Berlin; c) L'Allemagne réunifiée: après la chute du mur de Berlin; d) Aujourd'hui, 20 ans après la chute du mur de Berlin. Archives vidéos, fichiers sonores (dont une très intéressante ressource issue d'Arte sur les bruits du quotidien en RDA, dommage que le même travail n'ait pas été fait pour la RFA…) témoignages, documents pédagogiques, dossiers documentaires et des éléments se rapportant à l'art et à la culture forment le menu des thématiques abordées. Les ressources mises à disposition sont quasi exclusivement des ressources françaises.

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  • Compte-rendu fouillé de l'ouvrage de Catherine Coquery-Vidrovitch (2009). Enjeux politiques de l'histoire coloniale, Marseille: Agone. Extrait: «En formulant donc la question fondamentale de l'inclusion de l'histoire de la colonisation et de l'esclavage colonial dans le patrimoine historique "national" de la France, Catherine Coquery-Vidrovitch lève le voile sur un objet et un sujet passionnels. Elle explique bien qu'il existe sur ce champ une véritable joute politique entre deux courants irréductibles, celui qui se réclame du "postmoderne" ou du "postcolonial" et le courant nationaliste qui tend à observer "l'aventure coloniale" (terme que ce courant affectionne) du petit bout de la lorgnette, c'est-à-dire du point de vue hexagonal. Son but n'est pas de prendre parti ni de renvoyer ces courants dos à dos, mais de se cantonner à comprendre, pour pouvoir ensuite expliquer […].»

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